L’empathie réprime la pensée analytique et vice versa

L’empathie réprime la pensée analytique et vice versa: la physiologie du cerveau limite l’utilisation simultanée des deux réseaux.
Anthony Jack de la Case Western Reserve University et ses collègues ont mené cette étude avec 45 étudiants. Ils ont démontré, à partir d’IRM, que nous avions une contrainte neurale intégrée sur notre capacité à être à la fois empathique et analytique.
Lorsque le cerveau déclenche le réseau de neurones dédié à l’empathie, il inhibe le réseau utilisé pour l’analyse : Comment un PDG peut-il être si aveugle au fiasco social déclenché par sa décision de réduction des coûts ? Lorsque le réseau analytique est engagé, notre capacité à apprécier le coût humain de notre action est réprimée.
Au repos, notre cerveau chemine entre les réseaux sociaux et analytiques. Par contre, lorsque nous sommes face à une tâche ou un évènement, nous nous engageons dans la voie neurale appropriée.
Anthony Jack, professeur adjoint de sciences cognitives à Case Western Reserve et auteur principal de la nouvelle étude déclare “La pensée empathique et analytique est, au moins dans une certaine mesure, mutuellement exclusive dans le cerveau.” Ces résultats suggèrent que le même phénomène neuronal entraîne l’écart explicatif comme cela se produit lorsque nous regardons une illusion visuelle comme le canard-lapin, at-il poursuivi. Le dessin de la tête de l’animal peut être vu comme un canard ou un lapin selon la direction du regard, mais vous ne pouvez pas voir les deux à la fois.”C’est ce qu’on appelle la rivalité perceptive, et cela se produit à cause de l’inhibition neuronale entre les deux représentations. Ce que nous voyons dans cette étude est similaire, mais beaucoup plus large.
Nous voyons l’inhibition neuronale entre l’ensemble du réseau cérébral que nous utilisons pour interagir socialement, émotionnellement et moralement avec les autres, et l’ensemble du réseau que nous utilisons pour la science, les mathématiques et la logique.”
“Un défi majeur pour la science de l’esprit est de savoir comment nous pouvons mieux traduire entre les descriptions mécaniques froides et distantes que produit la neuroscience, et la compréhension intuitive émotionnellement engagée qui permet nous de nous relier les uns aux autres en tant que personnes.
Extrait (et traduction aussi fidèle que possible) de l’Article intégral (en anglais) – 2012 : https://www.sciencedaily.com/releases/2012/10/121030161416.htm